Blog/ Design to cost - Productivité/


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Au XXIè siècle, tous les acteurs de l’industrie logicielle sont sur la même chaîne de production… le Web

Au XXIè siècle, tous les acteurs de l’industrie logicielle sont sur la même chaîne de distribution : le webAu XXIème siècle, tous les acteurs de l’industrie logicielle s’approvisionnent à la même source : le web.

Je pourrais en faire encore beaucoup des affirmations comme celles-ci. Je crois dur comme fer qu’il n’y aura bientôt plus aucune approche verticale qui tienne, pas plus qu’aucun éditeur ne pourra se cacher derrière une licence. Seule l’innovation et la productivité permettront de survivre… mais il restera quelques honnêtes artisans, ça et là. Je crois que seuls les généralistes survivront. Ouah, je prends un risque là ! Mais je vous explique pourquoi. Puisque nous nous abreuvons tous à la même open source, puisque nos développeurs ne travaillent que sur le web (chaîne d’approvisionnement et de production), qu’ils délivrent grâce au web et que l’usage qui sera fait de leurs produits sera un usage web, je n’arrive pas à comprendre l’avantage, pour aucun marché en fait, que pourrait conserver une entreprise bornée à une niche ou développant une technologie en vase clos. Si nous sommes ouverts à tous les usages, de tous les métiers, pour tous les types d’interfaces (mobile, écrans embarqués sur un réfrigérateur ou dans une voiture, pourquoi pas dans une chaussure), que nous sommes amenées à travailler sur toutes les technos (le GPS, les moteurs de stats,

la 3G…), à chaque fois, c’est l’expérience de la chaîne de production que nous développerons et nous serons plus productifs. A chaque fois c’est l’expérience des usages de l’interface et du mode de distribution que nous enrichirons, et alors, dans ce cas, nous serons plus créatifs et performants pour nos utilisateurs. Tout ce qu’il nous faut, c’est mettre quelques experts verticaux au contact des meilleurs généralistes.

Tout ce qui est fermé est en train de mourir, tout ce qui n’est pas ressenti comme un service, en perpétuel ré-innovation, est économiquement en train de mourir. C’est là qu’est la nouvelle économie, dans le fait que nous partagions tous la même chaîne de production, que nous soyons tous sur la même ligne, et que nos clients développent eux mêmes, grâce au web, des expériences ouvertes et collaboratives. Comment nos clients pourraient-il se satisfaire maintenant des livraisons d’une entreprise recluse dans son LAN, recluse dans la petite expertise dont tous les analystes lui ont fait croire qu’elle constituait un joyau ?

C’est extrêmement philosophique et ça débouche sur deux débats :1 – le concept de propriété dans le logiciel, mais est-ce encore un débat ? Même Microsoft, par sa stratégie, prouve qu’il n’y croit plus. Pour tous les utilisateurs de soft, désormais, c’est Proud’hon qui a raison : « la propriété, c’est le vol ». L’avenir est aux services, pas aux brevets. Nous n’acceptons plus de payer que pour ceux qui travaillent. Tout celà est très chrétien finalement. La rente doit mourir dans le soft ! Les résultats financiers des éditeurs, et leur disparition progressive le prouve. Dans l’industrie du logiciel ou de la musique, la propriété, c’est déjà le vol !

2 – pour être expert, il faut être généraliste ! C’est ce dernier débat qui m’intéresse. Je crois qu’il est révolutionnaire. Il place par ailleurs les offshorers dans un situation incroyablement favorable sur les marchés. Car les offshorers touchent à tout et ils savent tout faire. Ils bénéficient de tous les transferts de technos avant tout le monde car une énorme partie de l’innovation est en recherche de l’effet booster que génère le low cost (moins cher=plus vite=meilleure rémunération). Du fait des diasporas économiques qui touchent leurs pays, les développeurs de nos centres offshore sont 10 fois plus ouverts que les autres à l’utilisation du chat avec leurs amis et famille, à Netvibe, aux communautés online, à U-tube et aux à tous les usages. C’est eux qui ont généralisé le GPS, c’est eux qui ont fait la carto de toutes les villes du monde qu’ils ne connaissent pas, eux qui développé Daily Motion… Ainsi ils développent comme va le monde… parfois, comme c’est le cas dans une de nos agences, ils sont même au contact de business Process Center et s’enrichissent au contact de la couche métier.

Pas étonnant qu’ils deviennent naturellement les meilleurs experts de la métastructure… Ouaouh, on se croirait dans Matrix !

Posted on mer., 30 avr. 2008 14:41 by flasnier (1478 day(s) old)
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Commentaires sur cette entrée :

Déposé le lun., 5 mai. 2008 11:51 par SandChaser


“Nous n’acceptons plus de payer que pour ceux qui travaillent. Tout cela est très chrétien finalement.”
Non. Simplement libéral (dans le sens historique du terme et non dans le sens idéologique). La propriété est une notion universelle qui est autonome par rapport à un système économique. La rente de la propriété est une caractéristique du système économique actuel qui n’a de libéral que les oripeaux dont on veut bien l’affubler pour contenir le peuple dans la peur. Le libéralisme économique véritable est exterminateur de rentiers.

Déposé le lun., 5 mai. 2008 12:04 par Fred Lasnier


Je pense que tu as raison en dernière analyse, dans la mesure où le libéralisme produit de l’innovation.

Nous voyons aujourd’hui que, de fait, il y a des rentes qui sont tolérées et d’autres sui ne le sont plus. Celles des éditeurs (de soft comme de musique), en particulier.

C’est au fond ce que je voulais dire. Je n’accepte plus de payer pour des droits d’usage, qui rappellent trop l’ancien régime. Je ne paye que pour le travail et le service que l’on me rend à moi.

Déposé le lun., 5 mai. 2008 13:41 par SandChaser


En fait le libéralisme permet l’innovation. Il ne la produit pas. Dans une situation de concurrence libre et non faussée, le ticket d’entrée est égal à zéro (dans des conditions idéales) et l’avantage concurrentiel généré par l’innovation s’exprime tout de suite par du revenu (à conditions de marché idéales elles aussi).

Les droits d’usage deviennent effectivement obsolètes parce que l’opinion ne les tolère plus.

Dans le monde de la production de musique, les majors sont en train de se faire bouffer non pas par le téléchargement pirate mais par les boîtes d’organisation de concerts, les propriétaires de salles de concert qui commencent à signer des artistes sur des labels de services (concerts) tout en proposant du téléchargement gratuit et légal.
Ainsi le droit d’usage (l’achat d’une galette de polycarbonate gravée avec une jaquette) laissera la place à l’achat d’une prestation (place de concert).

D’une manière générale, les rentes sont de moins en moins tolérées par l’opinion. Et ce (là, j’exprime une hypothèse) à cause de la remise en cause du modèle social de l’Etat-providence qui offrait en définitive, dixit ses détracteurs, une rente d’inactivité.

L’idée semble avoir fait son chemin et risque, par retour de balancier, de revenir à la figure de ses promoteurs initiaux.

Pour finir, il n’est pas toujours très aisé de faire la différence entre droits d’usage et service payant. Peut-être est-ce parce qu’un marketing efficace peut réussir à faire passer un droit d’usage inique pour un service attractif ? (je vise intentionnellement certains opérateurs de téléphonie)

Déposé le mer., 27 aou. 2008 14:45 par Strauch


D’abord bravo pour la réflexion. Je suis éditeur et docteur en économie et donc j’aime bien les idées qui font bouger …

la vôtre va dans le sens des nôtres et nous renforce dans notre détermination de petit éditeur : aucun monde ne nous est étranger et rien nous interdit de marcher sur les pieds d’un grand mou de spécialiste ;-)

En revanche, je tempèrerais votre paraphrase de Prudhon, parce que tout ne peut être gratuit et particulièrement la qualité.

Déposé le jeu., 28 aou. 2008 19:36 par Fred


Bonsoir. J’ai mis un peu de temps à répondre. J’ai beaucoup vadrouillé en voiture ces 3 derniers jours… donc pas le temps !

Vous savez à propos de Proud’hon, c’était avant tout une petite provocation. Et, précisément sur la qualité, je suis tout à fait d’accord avec vous. Nous avons une bonne dizaine de clients éditeurs qui connaissent plus ou moins mon avis sur le modèle de l’édition.

Je pense que les concepts de licence, de rente, de patente, de droit… sont totalement dépassés et que plusieurs domaines d’activité en font déjà la démonstration.

En revanche, le travail spécialisé… et de qualité, lui, ne pose aucun soucis à personne. Tout le monde considère naturellement que le travail mérite rétribution, particulièrement s’il est bien fait. C’est le principe de base de l’économie des services.

Je travaille dans des pays où l’industrie musicale, pour ne citer qu’elle, ne tire plus un seul revenu des droits.

100% des habitants de ces pays sont-ils des voleurs ? Je ne le pense pas. Je pense que les choses ont changé, que l’accès à l’expression musicale a été bouleversé. Comme eux, je ne comprends pas pourquoi je paierai alors que la chanson a déjà été chantée. Pourquoi alors ne paye-t-on pas pour regarder la Tour Eiffel, qui est une autre forme d’oeuvre d’art ?

Dans le logiciel, du reste, trop d’entreprises se bombardent du titre d’éditeurs, alors que leur services ne sont intégrés par personne.
Je crois qu’il y a des modes et qu’il y a quelques années, le positionnement d’éditeur était le seul à trouver grâce aux yeux des analystes. Aujourd’hui, rien ne vaut le conseil…

Par ailleurs, je viens de voir que, comme moi, vous étiez ligérien… êntre Orléans et Tours, on pourrait peut-être réussir à se rencontrer !




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