Petit match “Roumanie-Casashore”
Je viens de découvrir un blog sympa et dynamique de Casa ( http://www.casawaves.com/2008/09/01/offshore-au-maroc-ou-en-roumanie/) , sur lequel s’était lancé un petit dialogue sur la publication des tarifs Pentalog, qui s’est transformé en réglement de compte Maroc-Roumanie. Bien sûr, je ne pouvais pas resté sans réagir
. Voici ce que j’ai répondu.
“ Après tout, je peux prendre part au débat, puisqu’avec l’auteur de ce blog, j’ai contribué à le lancer sans le savoir.
Je vais répondre sur un ou deux points qui reviennent dans vos commentaires :
- sur la francophonie.
Nous avons à Pentalog Roumanie 90% de francophones parmi nos 200 ingénieurs… bien que comme vous le dîtes, la pratique du français soit moins décisive que dans les calls centers. Le français et le roumain sont des langues relativement sœurs. Nous avons des profs dans chacune de nos agences et il nous faut 3 mois pour qu’un roumain parle un « français d’ingénieurs » suffisant. En revanche, ce qui est très intéressant pour nous, c’est que 100% de nos ingés parlent un anglais de premier plan. Ainsi mon entreprise exporte des services informatiques en France mais aussi en Allemagne, aux Pays Bas, aux US, en Ukraine…
- le niveau des ingénieurs roumains est très élevé, je dirais beaucoup plus que celui que j’ai pu trouver, lors de mon dernier voyage à Casa il y a deux ans… alors que je cherchais de nouvelles solutions. Je ne cherche pas la polémique. 100% de nos confrontations avec des entreprises du Maghreb ont tourné à notre avantage sur la base de la formation et de l’expérience. Toutes pour des clients français.
- A propos de l’extrême orient maintenant.
Un Cap Gemini propose du 200€/j en Inde. Nous proposons 180 en Roumanie de province. Nous proposons 155 en Moldavie (ou nous avons 65 collaborateurs francophones sur un total de 75). Nous savons que nous sommes presque toujours moins chers que le Maghreb pour des salaires identiques. Nous disposons d’une école interne (la pépinière Pentalog) qui forme 50 personnes par an en Roumanie-Moldavie et qui assure toute la formation continue des anciens. De même que nous disposons d’un des plus beaux Data Center du marché offshore. Nous voulons répliquer la même structure ultra qualitative en extrême orient… avec un target de prix de 110-120€/j. Le low costing IT est un métier, une spécialité.
On ne gère pas les locaux de la même manière, on forme sans arrêt des collabs, on recrute du matin au soir, on sort une à deux propale par jour et par commercial.
On ne gère pas en marge brute mais une marge nette, on fait attention non pas au rapport €/$ mais au rapport d’échange de la monnaie locale, on fidélise en associant ses cadres… C’est toute la structure, y compris administrative et commerciale qui doit être hyper productive pour assurer 50% d’économie NETTE à son client et 20% d’EBIT à ses actionnaires.
En Asie, si nos voyages nous confirment que c’est possible, nous voulons améliorer notre performance économique et compléter notre catalogue offshore afin de proposer une offre absolument globale : France, Europe de l’Est, Asie (soit 420, 175, 130), que ce soit en Java, .net, en C embarqué ou en database.
- A propos de call center.
Nous n’en avons que très peu : une trentaine de positions qui travaille en français (avec un accent – pour des banques de données), en roumain (3 personnes pour le marché local). En revanche, nous sommes en passe de lancer une offre de helpdesk multilingue français, anglais, russe, allemand, italien, basée sur des personnes au moins trilingue (en Moldavie bien sûr, puisque c’est l’un des rares endroits au monde qui puisse offrir ça. Target de notre principal client : 50 positions. Nous en ajouterons probablement une vingtaine dans les 18 mois.
Maintenant, je voudrais dire que j’aime le Maroc et que la plupart des ingés marocains que je connais sont brillants. Mais je pense que Casashore, en revanche est une espèce d’arnaque… bien involontaire et tenant à des raisons socio-démographiques. Je m’installe aujourd’hui dans un nouveaux pays en 6 mois en général et je suis rentable dès la première année. Le nombre d’ingénieurs marocains disponible localement n’est pas raisonnable et suffisant pour faire face à la demande immédiate. Les efforts de formations et de scolarisation sont très intéressants… à horizon de 10 à 15 ans. C’est tout le problème. Nous verrons alors. En revanche, alors que nous ne sommes qu’une PME, nous avons recrutés 110 personnes en 2007 (essentiellement Java-.Net). Nous avons déjà recruté 80 personnes nettes de TO en 2008 (Java, Embedded C- PHP), soit près de 200 en 20 mois. Je sais que nous n’aurions pas réussi ça Casa.
Je conteste donc, même s’il y a du vrai, comme dans tous les pays émergents, que les roumains quitteraient la Roumanie. Je peux même vous dire qu’en ce moment, c’est plutôt ceux qui sont partis qui reviennent. J’ajouterai un dernier point, Casashore ne semble intéresser pratiquement QUE les entreprises IT françaises. La plupart du temps pour des mauvaises raisons… lorsque leurs propres cadres ne sont pas fichus de parler anglais. Ce n’est pas très bon signe à l’heure où les projets sont caractérisés par une très grande internationalisation des équipes. Un certain nombre de clients français viennent chercher chez nous les ressources anglo-francophones qu’ils ne trouvent pas en France.
Dans l’économie de la connaissance, le marché de l’ingénierie est un marché global et forcément multiculturel. C’est très bien comme ça et cette tendance n’est pas prête de s’inverser.”
| Posted on jeu., 4 sep. 2008 16:15 by flasnier (1251 day(s) old) | ||||||||
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Déposé le jeu., 4 sep. 2008 16:29 par Laurent Bervas
Merci pour votre commentaire de grande qualité (que je viens de mettre en ligne). Au plaisir de vous lire et pourquoi pas de vous voir …