38 ans d’histoire. Bon anniversaire, Frédéric!

Mon père, Guy LASNIER, m’a communiqué un article pour le blog. Je vous le soumets.
Lundi c’était effectivement mon anniversaire. Merci Papa !
En rangeant un vieux placard, je tombe il y a quelques jours sur le nº 100 de 01 Hebdo, du 6 avril 1970. D’autant plus surprenant que ce numéro a encore sa bande-adresse : il n’a pas été ouvert. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est arrivé alors que mon fils Frédéric venait de naître, et que j’avais été d’autant plus occupé qu’à cette date précise, j’étais en formation 360 chez IBM, alors rue Réaumur à Paris. J’ai donc lu ce numéro avec … 38 ans de retard ! Bon anniversaire, Frédéric !
A la Une, on trouve un article sur le sujet qui a défrayé les chroniques informatiques mondiales pendant au moins deux ans, l’unbundling. De quel dégroupage s’agissait-il alors ?
En ces temps reculés, le PC n’existait pas. Mais les grandes entreprises utilisaient, parfois depuis déjà une dizaine d’années, des ordinateurs qui emplissaient de très grandes salles climatisées. Les challengers comme ICL, Burroughs, RCA, Univac détenaient souvent des parts enviables de ce marché. En France Bull, fortement implantée notamment dans les banques, se voyait contestée dans les administrations par les Iris 50 et 80 de la toute jeune CII, issue du Plan Calcul voulu par de Gaulle après que les USA aient refusé de nous vendre un Cray. Mais le leader mondial incontesté était IBM.
Ce dernier disposait déjà d’OS puissants, et surtout de grands logiciels d’applications métiers, des SGBD, des modèles de calculs mathématiques et scientifiques, bref d’un catalogue bien fourni, mis « gratuitement » à la disposition de ses clients qui payaient seulement le matériel, le plus souvent en location. Nous allions en formation et utilisions également, autant que nécessaire, les services des Ingénieurs Technico-Commerciaux d’IBM, toujours « à l’intérieur » de notre facture unique.
L’industrie du soft commençait à poindre. Les éditeurs avaient naturellement compris que la politique du nº 1 rendrait leurs ventes bien problématiques, IBM ayant une sérieuse avance, et garantissant à ses clients la compatibilité permanente hard / soft / progiciel. De plus, les Directeurs Informatiques des entreprises négociaient chaque année leur pharamineux budget avec leurs DG sur la seule base des tarifs matériels. Ils pouvaient ensuite se doter de tous les logiciels du constructeur sans subsides supplémentaires, ce qui était bien confortable. Le jeune chef de service informatique que j’étais alors peut en témoigner ! On peut ajouter que certains, comme Gene Amdhal, commençaient à projeter la conception d’ordinateurs concurrents des grands systèmes IBM, utilisant les mêmes OS, à condition ces derniers puissent être acquis séparément.
Les éditeurs firent donc pression sur les autorités américaines, prouvant la concurrence déloyale. Après de longues tergiversations, le gouvernement américain contraignit IBM à dégrouper non seulement le soft du hard, mais aussi les prestations intellectuelles et la formation.
L’application de l’unbundling fut plutôt brutale aux Etats-Unis, où le surcoût fut estimé à 10%. Par contre elle ne s’appliqua que progressivement en Europe, nous laissant le temps d’assurer une transition qui fut pourtant difficile, induisant des changements profonds de comportement, tant des DI des entreprises que du corps commercial IBM.
Le paysage informatique mondial en fut profondément bouleversé, ouvrant ainsi la porte à une profusion de progiciels, SGBD, langages, générateurs d’applications. Mais quantité ne rima pas toujours avec qualité …
Une ère s’achevait, une autre commençait.
Guy LASNIER
| Posted on jeu., 3 avr. 2008 10:26 by flasnier (1406 day(s) old) | ||||||||
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