En route pour le Vietnam
Billet écrit en avion le 19/09, je ne sais pas quand je pourrai le diffuser.
Ce voyage professionnel ne me fait pas le même effet que les précédents. Peut-être est-ce le fait d’imaginer travailler aussi loin de nos bases qui m’impressionne, ou peut-être est-ce toutes ces images douces ou amères, et mêmes violentes qui s’emparent de nous dès que quelqu’un dit « Vietnam », ou mieux encore, « Indochine » ? Au mot Vietnam suit immédiatement un imaginaire grandiose dont on ne sait plus s’il s’est formé dans notre manuel d’histoire, dans des films terribles, ou encore s’il nous est venu de Marguerite Duras et son univers tout en grain de peau, en lumière douce filtrant par les clairevoies, et en pluie tiède.
Les deniers jours avant mon voyage ne m’ont pas permis de souffler et de me préparer à ce que j’envisage comme un choc violent mais positif. Hier encore à Francfort, et 4 pays visités dans les 3 semaines précédentes, ne m’ont pas permis de m’adonner à la préparation mentale dont j’avais besoin. Virginie et Alex m’ont tout préparé et Virginie continue de lire ses notes et ses dossiers avant d’arriver. Moi, pas.
Ma préparation, ce sera ces mots là. Ce sont eux qui arrêteront mon état moral avant de me glisser dans cette première expérience asiatique.
Mais que vais-je chercher là-bas ? Mircea, à Francfort, me l’a demandé 10 fois en quelques heures. Probable que je n’ai pas su lui répondre. « C’est parce que tu es français ! ». Mon père me l’a demandé, certains pentaloguiens se posent la question mais n’ont peut-être pas osé me l’exprimer, tout acquis que j’étais à la cause et la perspective d’une nouvelle aventure continentale.
Après tout, le système de production low cost de Pentalog fonctionne bien mieux que la plupart des productions de softs européennes et propose probablement l’un de meilleur rapport qualité prix du monde ? Il a même de belles années devant lui. J’irais plus loin aujourd’hui que les réponses basiques sur la recherche de compétitivité. Je crois qu’à chaque continent correspond un territoire mental dans l’esprit de tout un chacun.
Ce que je veux savoir, c’est ce que je peux bâtir pour vous sur votre territoire mental asiatique. Ce que je veux savoir, c’est ce qui est commun à votre territoire mental asiatique, au mien et à la réalité. C’est de là que je tirerai mes conclusions personnelles. Un de nos clients, une magnifique start up, m’a d’ores et déjà fait part de son intention de nous accompagner, parce que, comme m’a dit son président, « nos solutions sont intégrées sur des hardwares produits en Asie, et vendus à des clients asiatiques » puis d’ajouter « disposer d’un peu de pensée asiatique nous fera du bien ». Peut-être voyez-vous un peu mieux de quoi je parle avec un exemple ? A côté de ce voyage là, bien sûr que, comme à l’accoutumée, nous nous livrerons aux évaluations que nous faisons toujours et que nous chercherons les rencontres fécondes, comme nous avons toujours su le faire. Nous en rendrons compte évidemment. Tout comme nous évaluerons au quotidien les difficultés de « synchronisation » avec l’Europe, depuis la difficulté de trouver un billet d’avion rapidement, jusqu’à celle de continuer à travailler normalement avec Orléans, Francfort, la Moldavie et la Roumanie, et cela pendant presque 2 semaines, pour que le test soit sérieux.
En 99, lors de mon premier voyage en Roumanie, j’y avais passé 8 jours, puis encore 8 deux mois plus tard.
Au moment ou j’achève ce billet, nous avons dépassé Rostov sur le Don depuis déjà 20 minutes et nous engageons dans le Caucase. Le GPS s’obstine, il affiche Tbilissi et la Géorgie, que très probablement nous ne survolerons pas. Mais je pense à eux. Je vois maintenant que nous laisserons les montagnes à notre droite, comme je le pensais. Nous sommes donc autorisés à survoler Grozni, capitale éventrée et pacifiée dela Tchétchénie. Même les avions de Vietnam Airlines doivent se plier à la Pax Putina ! Ça y est, notre avion est pris par le crépuscule de l’Asie Centrale. Je devine encore la Caspienne sous un voile aussi vaporeux que le tulle derrière les clairevoies de Marguerite, qui rêve, qui rêve.
| Posted on dim., 21 sep. 2008 5:12 by flasnier (717 day(s) old) | ||||||||
|










Déposé le lun., 22 sep. 2008 10:25 par wilfrid
Tu fais bien d’évoquer tes premiers voyage en Roumanie, ton billet me ramène à cette même époque, aux prémisses du projet I-Net, où l’idée d’une activité est née après la découverte des opportunités de développement. Il me semble que rien n’a changé, tandis que tu voles vers le lointain orient, les idées se forment. Comme il y a 9 ans, tu poses un pied dans l’inconnu à la découvertes de nos moyens de demain. Comme il y a 9 ans, l’objet du voyage en lui-même naîtra sans doute bientôt.
Déposé le mar., 23 sep. 2008 15:05 par Olivier
Hello Frédéric, tu es le Joseph Conrad de l’IT !
Je te propose aussi Tonkin, Annam et Cochinchine qui figuraient dans les manuels de nos grands-parents.
Je n’ai pas le détail de ton voyage mais hormis les visites business et les sites les plus connus (Ha-Long, Hanoï, Saïgon) je te conseille quelques lieux en vrac si tu en as le temps: Le col des nuages, l’ancienne cité impériale d’Hué, la plage de Nah-Trang, les tours Cham et la ville de Da-Lat un mélange de pays basque et de Suisse! N’oublie pas le répulsif anti-moustique, les bouchons d’oreilles pour ne plus entendre les klaxons la nuit, et quelques antibiotiques..
Il y a des cybercafés ou des hôtels avec internet partout. Tu ne devrais pas avoir trop de mal à communiquer.
Je suis extrêmement curieux de voir ce qui va naître de ce voyage.
Déposé le mer., 24 sep. 2008 10:38 par Fred
Merci Messieurs…
J’en suis tout retourné, de vos gentils commentaires !
Je dois avoué que je me sens en attente de quelque chose. Depuis aujourd’hui, une idée commence à se former.
Je vais la couver, la garder au chaud pour essayer de l’amener jusqu’à l’éclosion.