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La Russie : une destination de plus en plus contestable pour l’offshore

Le profil de la Russie devient de plus en plus incompatible avec des activités offshore de longue durée, malgré une main d’œuvre particulièrement intéressante. La question qui se pose maintenant est de savoir si ça en vaut la peine. J’en veux pour preuve quatre problèmes majeurs que pose le grand voisin de l’Est de l’Europe : 

 -          la monnaie et le risque d’inflation. Le rouble plonge dans un gouffre sans fin qui accentue les effets de l’inflation sur les produits importés. Nous parlons d’environ 15% d’inflation pour les années 2008 et 2009 à l’échelle de toute l’économie russe. Dans des métiers « star » comme les nôtres, ce taux pourrait bien se transformer en 30 à 40% d’augmentation des salaires, la consommation de nos personnels étant particulièrement composée de produits importés !  Par ailleurs, l’offshorer à capitaux européens ou américains, qui aurait eu l’équivalent de 100 000€ en début d’année sur son compte russe n’en aurait plus que 70 000 aujourd’hui ! Le pilotage de la trésorerie locale devient très difficile. Pendant le conflit géorgien, le rouble a perdu 12% sur l’Euro en quelques jours. Nous, Pentalog, allons par exemple récupérer le contenu d’un petit compte bancaire ukrainien qui a été bloqué pendant plusieurs semaines avant l’intervention du FMI. Entre temps, la Grivna (la monnaie ukrainienne) a perdu 30%. Sympa, non ? Certes, c’était en Ukraine, mais certaines banques russes se trouvent dans des situations très comparables. Pour être totalement honnête, je dois ajouter que le Leu roumain dévisse sérieusement depuis quelques jours. 

-          les risques bancaires et financiers : les banques russes sont innombrables et beaucoup sont sous capitalisées. Les soutenir est extrêmement difficile, particulièrement lorsque l’on sait qu’une partie non négligeable d’entre elles sont liées à la mafia. Le problème, c’est que ces maillons faibles mettent tout le système en danger.  

-          La Russie a adopté un positionnement « ennemi » qui doit faire réfléchir. Je bondis d’entendre aujourd’hui le Président Medvedev annoncer l’implantation de missiles dans l’enclave de Kaliningrad. Cette décision n’est pas seulement ignoble au sens de l’histoire européenne. Plus encore, elle est débile. La Russie dispose d’un territoire, frontalier de l’Union Européenne, germanophone, anglophone… une perle. Mais tout ce qui s’y passe n’est que Mafia dans le meilleur des scénarios, retour à la guerre froide dans le pire.

La Russie a besoin de renouveler son portefeuille d’activités pour ne pas laisser sa politique économique dans les mains de ceux qui spéculent sur les matières premières… et non, ils implantent des missiles dans leur territoire le plus proche de nous, confirmant ce que je disais au moment de l’opération géorgienne. Les français, les allemands et les italiens jouent avec le feu. Ce positionnement guerrier à l’égard de leurs voisins montre l’impuissance des dirigeants russes à se renouveler. La conséquence est que la plupart des activités de développement embarqué pour l’aéronautique, y compris civile, la sécurité, la défense, ne peuvent plus s’accomplir dans ce pays. J’en avais parlé dans un billet consacré au critère OTAN. Beaucoup de clients, par ailleurs, dans des activités de développement de gestion, à priori beaucoup moins sensibles, ne voudront pas les porter en Russie, en raison de réflexes patriotiques ou philosophiques (les américains, les anglais, les suédois, les finlandais… mais aussi quelques français et allemands).    -          L’exécutif russe fait la girouette et déroute tous les investisseurs potentiels. Un jour il lance une guerre en Géorgie, puis Medvedev s’en va faire les yeux doux à l’Europe à Evian avant de la menacer de son plan « missiles » à Kaliningrad ! Il en va de même pour les impôts et taxes. Aujourd’hui, nous apprenons que le mandant présidentiel pourrait être porté à 6 ans et que Monsieur Medvedev pourrait démissionner en 2009. Nous voyons tous ce que cela signifie. Vladimir Poutine prend le pouvoir jusqu’à 2021 (oui, avec 2 mandats). Vous imaginez ce que ce Monsieur aura envie de faire avec d’aussi belles pages blanches à écrire dans le livre d’histoire de la Russie ? Moi, je vois. 

La conclusion, ce n’est pas moi qui la formule.  La conclusion, c’est l’incroyable exode des liquidités russes depuis aout. Malgré le fabuleux pactole, un baril à 65$ pourrait faire très mal, très vite. La défense du Rouble coûte très cher. Certains, certes rares, évoquent un retour au scénario de 1998. Même si la situation financière a beaucoup évolué en 10 ans, la Russie n’affichait, à l’époque, aucune intention belliqueuse à l’égard de l’OTAN… intentions qui pourraient se transformer en un puissant générateur d’instabilité.

Posted on mer., 12 nov. 2008 16:52 by flasnier (484 day(s) old)
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Commentaires sur cette entrée :

Déposé le jeu., 20 nov. 2008 19:13 par Vasile


L’ours est réveillé. Par contre, il se sent bloqué dans une cage du zoo. Ce que je dirais aux supporters russes, dans le zoo il y a noté : “Do not feed the animal… it could bite your arm off”.
Je crois que je serais très clair sur ma vue de la “stabilité” russe, si je dirais que l’ours n’est pas dans une cage.
Une Russie “relativement stable” et assoupie était celle du président Ieltsine, ivre tout le temps.
C’est ce type d’ours, hibernant, que j’aime. :-)

Déposé le sam., 22 nov. 2008 17:21 par Fred


le gros nounours quoi ! Tu as gardé une âme d’enfant :)




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