Panique au Hedgistan (suite du billet “Quelques jours à Stockholm”)
…Nous en étions aux quatre questions
- Quelles seront les zones géographiques les plus touchées ?
- Quels secteurs économiques seront les plus touchés ?
- Où seront les havres qui nous mettrons à l’abri des plus fortes vagues
- Quand le danger partira-t-il ?
A peine les avais-je formulé que je voyais déjà une logique de regroupement. La 1 et la 2 et la 3 et la 4.
1&2. Les zones géographiques qui seront les plus touchées seront à l’extrême ouest de l’Europe, en Irlande, au UK et en Espagne. Ces trois là vont s’effondrer littéralement. Si l’Irlande n’utilisait pas l’Euro où si elle n’était pas membre de l’Union Européenne, elle sombrerait corps et âmes dans des abîmes qu’elle a déjà testées. L’Irlande ne produit rien d’autres que de la Guinness et du paradis fiscal, lancée qu’elle était dans une politique du tout call center, du tout immobilier, du tout consulting… bref de rien de solide. Les irlandais ont brûlé l’argent que l’Europe a mis à leur disposition. Ils doivent des comptes aux autres états membres. Ils ne rapporteront rien à la famille européenne avant de nombreuses années. Le UK n’a pas fait beaucoup mieux. Les anglais, eux aussi, se retrouvent complètement à poil. Leur monnaie n’en finit plus de sombrer. Elle passera sans doute sous la barre d’un Euro pour une livre courant janvier. Le PIB britannique va passer derrière le français et l’italien ! Tout cela parce que le consensus sur l’immobilier et ses produits dérivés a tourné à l’aveuglement. Quelle est la part des hedge funds dans l’économie britannique ? Combien vont mourir ? Environ 50% dans les prochains mois d’après les experts. Je ne sais plus où j’ai lu ça, mais l’un des commentateurs parlaient même du Hedgistan en déroute, en évoquant Londres ! Paris pourrait prendre le leadership financier en Europe selon certains analystes tant la crédibilité des britannique est basse aujourd’hui. L’Espagne, elle, n’a jamais eu d’autre politique économique que le tourisme. Les jeunes espagnols sont mal formés et ne disposent d’aucun débouché. Je pense que ça risque de ronfler un peu, dans es mois qui viennent à Barcelone et Bilbao contre le gouvernement central. La crise politique pourrait logiquement suivre le Tsunami qui a attaqué l’Espagne. En quelques mois, le chômage est passé de 8 à 11% ! Renversant.Il ne faut pas oublier que l’Espagne, et cette fois je parle aussi des Castillans, sont riches d’une tradition anarcho-syndicaliste qui ne demande qu’à renaître de ses cendres. Un scénario à la grecque, doublé de problèmes nationalistes n’est pas du tout à exclure.
Alors vous le comprendrez sans doute, il y a bien d’autres endroits où il ne fera pas bon mettre les pieds dans les mois qui viennent. Mais ces trois là cumulent toutes les aberrations Je serai tout de même, une fois n’est pas coutume, plus magnanime avec le UK. Il dispose de la ressource intellectuelle, il a conservé quelques productions de pointe, dans l’aéro, la pharma et la défense. Son niveau de recherche est excellent. Des trois, c’est le mieux armé. Quels seront les secteurs à éviter ?
3&4. Je vais surprendre, mais je crois que les économies de production vont beaucoup mieux s’en tirer… à quelques exceptions près. Il y aura d’abord celles qui sauront produire ce qui continue de se vendre, certes à un rythme moins soutenu. Les carnets de commandes d’Airbus sont pleins et je pense que les plans de relance un peu partout vont sourire au secteur ferroviaire et fabricants d’infrastructures de tous poils : ponts, hôpitaux, routes… un vrai retour du plan Marshall, financé par les états eux-mêmes…. Avec des conséquences de long terme qui pourraient s’avérer absolument calamiteuses (autre sujet, la dette). Aujourd’hui je parle du court terme. Mais les crises économiques ravivent toujours aussi les vieux conflits où les grandes vagues migratoires. Les marchés de la défense et de la sécurité des frontières pourraient aussi tirer leur épingle du jeu.Les productions nucléaires et éoliennes devraient connaître un véritable âge d’or. Vous voyez que ce portefeuille d’activités semblent ressembler, peu ou prou, au portefeuille allemand et français… voire même à celui des suédois (il fallait bien que j’y revienne) ! Ce qui ne veut pas dire que ces pays ne seront pas touchés. Très loin de là. Ils produisent des autos et vont donc être frappés de pleins fouets. Ils produisent des équipements télécoms qui eux aussi vont terriblement souffrir. Mais ils auront une plus forte capacité à réagir à la crise. D’abord, et tout simplement, parce qu’ils auront quelque chose à vendre, à la différence des irlandais, des anglais et des Espagnols. Ces pays ne vivaient pas d’exportations mais d’une myriade d’emplois de services financés par les revenus tirés de toutes les spéculations : celle des hedge funds, comme celle de monsieur et madame Toulemonde dans l’immobilier. Je crois aussi aux rebonds américains et japonais, le moment venu, qui eux aussi disposent d’un portefeuille d’activités pertinent. Nous y voilà… quand le moment sera-t-il venu pour sortir de la crise ? Tout d’abord, ça dépend où. Je ne vois pas les 3 premiers cités se relever avant longtemps. Leur machine économique est trop profondément détruite. Les marchés immobiliers, partout, n’ont pas fini de sombrer. Nous allons rentrer dans les mois qui viennent dans le refunding. C’est-à-dire le moment où les investisseurs avaient prévu de « sortir » de leur dernière vagues d’investissement. Il leur faudra revendre. Et les prix de transaction devraient s’établir, selon les pays, entre le prix financé par les banques hier et le niveau de liquidités des opérateurs aujourd’hui (nettement plus faible quand on considère l’ensemble des moins values que connaissent l’ensemble des systèmes et la remontée du chômage partout). En Irlande, au UK, en Roumanie (entre autre à l’est), cela pourrait vouloir dire très, très bas… -30, -40% ? Certains parlent de -50. De toutes façons, le budget consacré au logement n’avaient jamais été aussi haut dans le total du revenu des ménages. Pour retrouver la tendance de long terme, qui a prévalu en quasi continu de 1950 à 1995, il faudrait que l’immobilier baisse de 45%.
En revanche, il va falloir être très attentifs, dans nos relations d’affaire à ce qui se passe dans les innovations du secteur auto, du nucléaire, de l’énergie, de la Défense, de l’Aéronautique… Quoi qu’il en soit nous pourrions bien sortir de la crise par de nouvelles révolutions technologiques, issus des différents plans de relance. Je crois aussi encore au développement du commerce électronique, qui est un vrai vecteur de réduction du coût de la vente. Pentalog travaille sa clientèle dans tous ces différents secteurs d’activité…
| Posted on mar., 30 dec. 2008 12:52 by flasnier (1134 day(s) old) | ||||||||
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Déposé le mar., 30 dec. 2008 18:07 par Pascal Moutet
Bonjour Monsieur Lasnier,
Sur les perspectives de développement du commerce électronique dans les mois et années à venir, je signale un lien qui m’a paru digne d’intérêt :
http://www.capitaine-commerce.com/2008/12/28/22185-le-prix-de-la-croissance/
Ne pas hésitez à parcourir les commentaires liés à ce billet. Certains soulèvent des questions plutôt pertinentes.
Pascal Moutet
Déposé le jeu., 1 jan. 2009 21:51 par fred
très intéressant en effet. J’avais déjà parcouru ce blog.
Je pense que 80% des français qui sont déjà acheteurs sur le web, sont à 50% au moins des acheteurs en ligne occasionnel ou très occasionnel. Si j’ai raison, ce dont je ne suis pas sûr, cela signifierait qu’il resterait du travail sur 60% des consommateurs français… pas mal quand même comme cible.